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Usines et industrie (page 2)


Mon père étudie le terrain et nous circulons dans la zone ou aux alentours des travaux. Il examine les carottes, cause avec les contremaîtres. Il me dit que ces terrains sur lesquels nous sommes sont à peu près les seuls qui soient encore en place depuis l'époque inconcevablement lointaine de leur formation. Seul le passage des glaciers vint parfois, à certaines époques raboter leur surface en y laissant seulement ces molles ondulations et ces petits lacs que nous avons remarqués… Pour faire un déplacement le long du chemin de fer on dispose d'un moyen assez original : c'est une petite plate-forme montée sur roues et que deux hommes font avancer en balançant un levier disposé comme celui des pompes à incendie. C'est ainsi que nous nous sommes faits conduire à une douzaine de kilomètres de la mine pour voir un campement de Peaux rouges... Après une douzaine de jours nous quittons ce pays sauvage car il faut faire maintenant fabriquer les appareils spéciaux que mon père a conseillés pour le traitement, à Cleveland, des concentrés envoyés de Sudbury. Nous devrons donc aller voir des constructeurs à Chicago et à Pittsburg et cela nous promet une nouvelle série de trajets en chemin de fer que nous ferrons presque tous de nuit... On voyait alors à Pittsburgh la plus importante aciérie du monde (Carnegie) qui devait bientôt amener de nombreuses industries similaires et constituer ainsi le fameux 'Steel Trust'.
 

Son directeur, M. Frick, nous pouvait manquer d'être intéressé par les renseignements que mon père lui donna sur le nickel et l'amélioration qu'il apporte aux qualités de l'acier quand on l'y incorpore même en faible proportion. Leur conversation se prolongea quelque temps puis nous avons fait une complète visite de l'aciérie. Je voyais pour la première fois un grand établissement métallurgique. Ses puissants appareils : hauts-fourneaux, convertisseurs, fours, laminoirs etc. passèrent trop vite devant mes yeux émerveillés. J'aurais voulu les contempler longuement et essayer de les comprendre mais ce n'était pas possible et seule me resta l'impression d'une puissance industrielle que je n'avais jamais soupçonnée.


La dernière étape fut menée rondement par un excellent train qui nous introduisit à New York en passant sous le Hudson River etc. Deux ans plus tard (en juillet 1892) je subissais la série des examens d'entrée à l'École,... mais au retour du Collège de France, après l'ultime examen, une surprise m'attendait à la maison. Je devais, dès le surlendemain, accompagner encore mon père aux Etats-Unis. C'était son quatrième voyage. L'usine avait été construite et dotée des appareils voulus. On allait la mettre en marche et procéder aux premières coulées de nickel. De jour ou de nuit nous avons passé de longues heures auprès des fours et tout me semble avoir bien marché. Il y eut seulement d'assez long tâtonnement pour obtenir que le jet de nickel en fusion se solidifie sous forme de grenaille. C'était, paraît-il, très désirable.

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