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Usines et industrie (page 3)


Pour une biographie qui se veut vraie, imagée, vivante, le regard de son fils sur ces voyages professionnels est précieux mais laissons l'intéressé expliquer longuement comment, à partir de son voyage exploratoire initial, il s'est trouvé amené à lancer par lui-même une industrie nouvelle et installer des usines : il écrit dans le mémoire sur les mines de nickel cuivre et Pt du district de Sudbury (Canada) : "En présence de ces dépôts de minerai de nickel qui semblent énormes on s'est demandé d'abord si les emplois du nickel, qui est après tout métal tout à fait moderne, suffiraient à absorber la production de ces nouvelles mines : c'est le problème que je me posais moi-même en 1875, lorsque que je commençais mes études sur la métallurgie des minerais de nickel de la Nouvelle Calédonie que je savais si abondants puisque je les rencontrais émergeant un peu partout et principalement d'un rivage à l'autre dans la direction est ouest à la hauteur de Canala, formant comme une énorme masse filonienne de plusieurs kilomètres d'épaisseur nord sud ; à ce moment là, la consommation du nickel était insignifiante ; les mines connues étaient d'ailleurs insuffisantes à fournir une demande un peu sérieuse et il avait suffi d'une commande de quelques milliers de kilos pour une petite affaire de monnaie pour faire hausser les prix du nickel outre mesure. Toutefois, ayant fondu tout d'abord au creuset brasqué avec un flux convenable du minerai de la nouvelle Calédonie que j'avais rapporté, j'obtins un régule de nickel et de fer très carburé, mais s'aplatissant sous le marteau avant de se criquer d'une façon surprenante.

Très habitués à ce genre d'essais comme ancien Ingénieur chef de service des hauts fourneaux pendant deux années à la Compagnie des Aciéries de la marine et des Chemins de fer (Vierzon et Givors) se fait me frappa vivement ; j'y vis aussitôt avec la plus évidente clarté le point de départ d'une énorme consommation de nickel à l'état d'alliage avec le fer sous toutes les formes que ce métal revêt dans l'industrie ; mes brevets de 1876 témoignent, je pourrais dire de mon enthousiasme ; sans parler de mon brevet français du 15 février 1876 qui est le plus connu, je disais dans mon brevet anglais du 20 mars 1876 sous le titre : 'Fabrication du ferronickel ou introduction du nickel à l'état d'alliage avec le fer dans la métallurgie du fer'... En conclusion de ce brevet, j'écrivais : par ces alliages de fer et de nickel, je crée, pour ainsi dire, un métal supérieur ou au-dessus des meilleurs produits sidérurgiques ; un métal qui atteint le but que l'on recherche depuis si longtemps de posséder à la fois un haut degré de ténacité avec une grande malléabilité et seulement une faible tendance à l'oxydation."


Cet extrait de mes brevets montre tout le prix que j'attachais à un nouvel horizon de consommation du nickel : son introduction dans la métallurgie du fer. Mais la réalisation des conceptions mêmes basées sur des expériences décisives demande toujours du temps et de l'argent : il me fallut débuter modestement dans la métallurgie du nickel et mettre d'accord une bonne fabrication avec le manque d'appareils convenables, sans parler de bien d'autres difficultés. La Société fondée en 1876 sous la raison sociale :
'J. Garnier, H. Marbeau aîné et Cie, qui, par des modifications successives est devenue la Société actuelle :'Le Nickel', pût exposer entre autres en 1878 1° des fontes de ferronickel à 70 % de nickel, produites dans le haut fourneau que j'avais monté à Nouméa à la pointe Chaleix, qui fut mis à feu le 10 décembre 1877. La première coulée contenait 61,50 % de nickel. L'ingénieur était M. Caulry ; M. Higginson, qui avait traité avec moi pour mes procédés de fabrication de ferronickel, le principal bailleur de fonds.

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