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Usines et industrie (page 4)


2° des alliages de fer et de nickel, à divers titres, martelés au pilon, après affinage de la fonte susdite de ferronickel au foyer Comtois, sous mes soins et ma direction dans les usines de MM. Reverchon et Saglio, Audincourt (Doubs) en mai 1878 3° un bloc de 500 kilos environ de nickel et de fer, obtenu sur la sole du four Siemens que j'avais monté à Septèmes pour l'affinage des fontes de ferronickel ; ce bloc était privé d'une partie de son carbone, du silicium et d'une partie de son fer.

Bien que ces produits eussent été assez remarqués du jury pour nous valoir une médaille d'or à l'exposition ; bien que nos ferronickel et acier nickel fussent déjà portés sur nos prospectus commerciaux ; bien que nous fîmes diverses tentatives auprès des métallurgistes, les applications n'étaient venues que lentement. D'ailleurs, malgré toutes mes affirmations le doute existait et, au moment où je proclamais les avantages du nickel dans l'acier, un homme dont l'opinion faisait à juste titre une grande autorité, l'illustre chimiste Boussingault écrivait qu'il n'y aurait aucun intérêt à unir le nickel à l'acier… Mes essais personnels me montraient toutefois l'erreur de Boussingault et lorsque, découragé, extrêmement las, en 1881, je quittai la Société Le Nickel, laissant au siège social une série de moulages de ferronickel, de barres laminées et estampées, ainsi que les notes indicatives des procédés suivis, la question du fer au nickel était élucidée pour moi et sans doute pour ceux de mes associés qui avaient vu certains objets que j'avais moulés et martelés.

À partir de ce moment-là, mes brevets ne m'appartenant plus, je ne pus naturellement les utiliser pour mon propre compte pendant que d'autre part, la Société Le Nickel, qui en était propriétaire, les laissait dormir. Quant aux métallurgistes que j'ai engagés depuis à fabriquer des aciers au nickel, suivant mes anciens procédés, je ne leur cachai pas qu'il fallait d'abord s'entendre avec la Société Le Nickel, propriétaire de ce brevet ; c'était donc un cercle vicieux. Enfin, dans ces dernières années, certaines aciéries reprirent la question pour leur propre compte et firent triompher mes anciens dires. On peut ajouter, toutefois, que si l'industrie du fer s'était emparée plus tôt du nickel comme alliage, les mines de la Nouvelle Calédonie, toute riches qu'elles sont, n'eussent pas suffi à alimenter le marché ; il fallait leur laisser le temps de développer leur outillage, de s'organiser ; mais, par contre, il faut se féliciter que la découverte et la mise en valeur des gîtes de Sudbury coïncident avec la mise en pratique sur un grand pied des aciers au nickel.

Aux États-Unis, j'eus honneur d'exposer, en septembre dernier, mes procédés de 1876 à la maison Carnegie, Phepps et Cie de Pittsburgh ; ces messieurs dont les usines sont colossales puisque l'une seule d'entre elles, Bessemer station, produit annuellement 400 000 tonnes de rails firent, peu de temps après, dans leurs aciéries de Homestead à Pittsburg un essai d'acier au nickel, sur lequel M. W. L. Abbott adressa un rapport au ministre de la marine. C'était le premier essai de fabrication d'acier au nickel fait aux États-Unis et il réussit très bien. On opéra dans un convertisseur Bessemer sur cinq tonnes d'acier ; une partie des lingots fut laminée en tôles de 0,022 m d'épaisseur, ou l'on découpa diverses barrettes d'essai... La proportion de nickel dans l'acier était de 3,16 %. Ces essais furent continués depuis et la maison Carnegie vient d'obtenir la commande de 6000 tonnes de plaques de blindage ou nickel dont ils comptent commencer la livraison avant le 1er juin prochain. Ils utiliseront un laminoir spécial d'un poids énorme et ils n'attendent plus, pour marcher, que la livraison de grues puissantes pour manier les plaques et d'une presse hydraulique pour donner aux plaques leur forme définitive. La compagnie de Bethléem qui se prépare aussi à faire les plaques au nickel ne sera prête que plus tard ayant besoin de délais pour finir leur marteau pilon de 125 tonnes.

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