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Volontaires 1870 (page 2)


Une quantité d'objets lui était indispensable qu'il savait pouvoir trouver en Angleterre et il ne pouvait confier à personne ce voyage. Impossible de passer par Paris ou Calais. Il faut faire vite mais compter avec les changements de lignes et les arrêts de train fréquents. Á Honfleur, le paquebot pour l'Angleterre était parti le matin même. Il avise un caboteur que le vent du sud ouest devrait amener rapidement à Southampton. L'intervention du maire est nécessaire pour que le capitaine de Mary-Ann l'accepte à bord. Il arrive à l'aube à Londres et constate que: "la plus grande préoccupation des insulaires était l'observation attentive du duel engagé entre les deux grands peuples du continent. Je me serais attendu à trouver plus de sympathie pour le vaincu, si malheureux alors: mais il paraît qu'elle ne vint que plus tard lorsqu'une série de malheurs sans exemple dans des traditions humaines eu fait juger aux anglais que nous devions décidément avoir cuvé cet orgueil qu'ils nous reprochent toujours. Déjà, cependant, la satisfaction de nous voir humiliés commençait à faiblir lorsqu'ils songeaient que ce n'était qu'au profit de l'Allemagne, bien plus redoutable pour eux." C'est les malles de voyage qu'il dissimule les substances explosives spéciales détournant la curiosité du douanier londonien par une pièce d'or, et embarquant, en plus, trois mille kilogrammes de poudres spéciales sur le steamer Fairy-Queen frété pour Le Havre au compte du Gouvernement de la Défense Nationale.

La poudre de guerre était attendue avec impatience en France. Le public ne le savait pas. Les 3000 kilogrammes de poudre que JJGarnier avait pu se procurer en Angleterre ainsi que les substances explosives furent embarquée sur le Fairy Queen en toute urgence et dans des conditions périlleuses puisque 4 ou 5 chalands porteurs de cinquante barils chacun continuèrent à aborder et débarquer en toute hâte sur le pont du vapeur même pendant la marche de celui-ci alors que sa cheminée lançait des gerbes d'étincelles, emportées aussitôt, il est vrai, par la brise vers l'arrière. La cargaison comportait, en outre, plusieurs milliers de fusils et de revolvers, des millions de cartouches, des munitions d'artillerie etc. La multitude de navires qui sillonnaient la Tamise à ce même moment ne semblait pas se préoccuper du pavillon rouge hissé au sommet du mat. Il fallut bien stopper à l'approche de l'embouchure du fleuve en raison d'un brouillard si dense qu'on ne voyait plus les feux de position et que l'homme de quart devait agiter sans cesse le battant de la cloche.

Ce fog aurait pu durer plusieurs jours mais, heureusement se dissipa le long de la côte anglaise que le Fairy-Queen suivit le plus longtemps possible, des croiseurs allemands ayant été signalés et la crainte d'une "armée d'espions" étant très vive. "Nos lunettes interrogent à l'horizon l'allure de tous les navires et, à la moindre alerte, nous sommes prêts à regagner à pleine vapeur les eaux protectrices de l'Angleterre." Vers minuit le navire atteignait le point le plus méridional de la côte anglaise, à 7h du matin, il jetait l'ancre au Havre et dans la journée même du 5 octobre un wagon spécial partait avec 54 caisses de matières explosives et 6 de poudre de guerre. Arrivé à Tours, il prit le temps de choisir les armes avec la préoccupation de l'inconfort minimum pour ses volontaires.

"Je choisis la petite carabine américaine système Spencer que j'avais déjà étudié en Angleterre: elle n'était pas gênante pour des hommes chargés de divers autres instruments: son centre de gravité, très voisin de la culasse, devait influer beaucoup sur la précision du tir, surtout avec de jeunes soldats; enfin, elle pouvait envoyer dans la première minute une véritable pluie de balles à l'ennemi. Je choisis en outre et dans le même but d'excellents revolvers Colt grand modèle : c'était encore là une arme excellente et je pus juger plus tard que sa précision était telle qu'un tireur un peu exercé ne pouvait guère manquer son homme à 80 pas à la condition cependant qu'il se servit des deux mains pour mieux immobiliser au moment du tir une arme un peu lourde."

"...Le gouvernement de la défense nationale avait décidé que les corps francs, les mobiles et les mobilisés auraient une solde d'un franc par jour sans les vivres…Convaincu comme tous ceux qui ont mené des hommes, qu'il fallait, pour qu'on pût exiger d'eux beaucoup qu'ils eussent le nécessaire, je demandai pour mes volontaires une somme supérieure: un franc cinquante centimes, y compris les vivres. Je n'obtins néanmoins pas cette faveur sans de nombreuses discussions et sans que je fusse obligé d'en faire une question de sine qua non. Le désastre de Metz n'avait rien changé à la résolution ou à l'obligation des français de se défendre encore.

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