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Volontaires 1870 (page 5)


Nous avons vu qu'en gare de Tours il avait été impossible de retrouver poudres et explosifs qui auraient dû accompagner le convoi. Par télégramme un jeune ingénieur de St Étienne avait bien voulu se charger de fabriquer ces torpilles et amorces. Il était attendu en gare de Nevers, hélas, la même mésaventure lui était arrivée et il ne pût retrouver dans son convoi qu'une seule caisse précieuse et suffisante en attendant.
Il faut savoir que, Garibaldi, arrivé à Tours le 8 octobre pour prêter son appui à la France avait été nommé général en chef, commandant la zone des Vosges dans laquelle se trouvaient alors quelques corps de volontaires et de mobilisés. Depuis, il s'était surtout occupé d'organiser son armée. Nous allons résumer les actions de cette armée du début novembre au début décembre et nous retrouverons à ce moment là notre narrateur et ses mineurs que nous avons laissés le 5 décembre en gare de Tours.

Dans la nuit du 9 au 10novembre dix huit trains de chemin de fer amenèrent de Dôle l'armée de Garibaldi à Autun dont il fit une excellente base d'opération. Dés le 25, il lança son armée dans une offensive qui l'amena par plusieurs succès à 50 kms au nord sous les murs de Dijon dont les avant-postes furent enlevés à la baïonnette mais le feu des batteries prussiennes sema tout à coup la panique sur ces troupes peu aguerries et cet audacieux coup de main se changea en débâcle et en retraite précipitée sur Autun contre laquelle le canon se mit à tonner dans l'après midi du 1° décembre. Alors eu lieu une scène de désordre indescriptible où les soldats cherchaient leurs armes et les officiers surpris -au café pour la plupart- ne savaient où se rendre : " … Tout semblait donc perdu lors que les artilleurs mobiles de la Charente auxquels appartenaient deux des batteries courent spontanément à leurs pièces, les amènent en face de l'ennemi, les braquent et ripostent. La plupart de ces braves gens n'avaient encore jamais assisté même à un exercice à feu et ils furent obligés, pour avoir des munitions de défoncer à coup de haches les caissons fermés à clef ou vissés. Cette vive riposte de notre artillerie rendit le courage, le sang froid au plus grand nombre. Quant à nos trois batteries, on les avait installées sur une esplanade qui s'étend au pied du petit séminaire ; de là elles dominaient admirablement toute l'armée assaillante mais leur champ de manœuvre était trop restreint; de plus, elles étaient complètement à découvert, aussi perdirent-elles en hommes 1/5e de l'effectif : dix-huit morts et 40 blessés. Ces trois batteries envoyèrent 1360 projectiles répondant aux allemands à peu près coup par coup.



 


Quand on connaît la position en amphithéâtre de la ville d'Autun où il est si facile de trouver de nombreux points desquels l'on pouvait alors canonner les positions des assaillants, on regrette que l'on n'ait pas songé à ce moment à les faire occuper par nos petits canons en divisant les batteries; les artilleurs mieux protégés, offrant d'ailleurs une cible moins vaste auraient non seulement moins souffert mais encore mieux répondu. D'ailleurs aux distances où le tir s'exécutait c'est la fumée seule du coup de canon qui indique sa situation exacte. Pourquoi, dans ce cas, ne pas employer une ruse bien simple consistant à faire partir ça et là des boîtes dont l'explosion et la fumée auraient pour but de tromper à chaque instant l'ennemi sur la situation exacte de nos pièces. Les allemands qui ne s'attendaient sans doute pas à une telle résistance faiblirent et lâchèrent pied peu à peu; cependant lorsque la nuit vint interrompre la bataille : on ne les avait repoussés que de deux ou 3 km Les derniers feux de mousqueteries cessèrent avec le jour. En résumé le résultat de la bataille d'Autun fût très important pour nous. La route du Creusot, l'objectif des allemands leur était fermée... "

Lorsqu'ils arrivèrent à Autun, les volontaires furent surpris puis choqués par l'armée des Vosges : " … ils aimaient la pourpre, profusion d'or sur les habits et costumes de saltimbanques… Ils supportaient mal leur inconduite et l'insolence de l'état major italien mais aussi l'exemple du colonel Chenet, condamné à mort quelques jours auparavant avec un esprit de parti évident, cet exemple avait encore accru les antipathies.

Le colonel Lobbia reçut très mal JJGarnier au point qu'il dût produire le précieux certificat du ministère de la guerre qui l'autorisait à agir à sa guise de façon indépendante. Muni de très bonnes cartes qu'il avait prises à un officier prussien (!), il partit dans la nuit du 17 au 18 décembre avec ses hommes- consignés par prudence pendant la nuit dans leur caserne-. Sa résolution était prise de couper aussitôt la ligne ferrée au nord de Dijon.

En effet : "… D'après les renseignements, l'ennemi était concentré et Dijon avec le général Von Werder; de là il poussait des pointes journalières vers le sud pour y faire des reconnaissances et des réquisitions et n'attendait qu'un moment favorable pour livrer bataille aux armées de Cremer et de Garibaldi, qui, l'une à Nuits, l'autre à Autun, ne pouvait se donner assez rapidement la main. Maître de la ligne de Dijon à Paris, l'ennemi l'utiliserait encore pour recevoir des renforts et l'on pensait même avec quelque raison qu'il n'attendait pour marcher résolument sur Lyon que l'arrivée par cette ligne ferrée de quelques batteries de siège. C'était donc une excellente occasion pour utiliser les torpilles qui me restaient."

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