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Volontaires 1870 (page 7)


Il est question ensuite de la sortie que fait JJGarnier autour du village de Sombernon pour donner des instructions aux sentinelles et préparer à la fois des positions de défense et un projet de sortie de reconnaissance. Une trentaine de uhlandssortent alors du bois à 100 mètres aussitôt accueillis par un feu nourri. Presque tous blessés ils prennent la fuite au galop laissant des traces sanglantes dans la neige tandis que le convoi de fourgons qui les suivait faisait demi-tour. Un petit groupe part le lendemain pour placer de nuit des torpilles à l'entrée et à la sortie du tunnel de Blaisy-le-bas.Des feux de bivouac nombreux à deux ou trois kilomètres sur la hauteur annonçaient la présence de la colonne des 3000 prussiens signalés le matin à St Seine. Les torpilles sont parfaitement dissimulées mais un plan secret est remis au maire pour qu'il puisse les faire enlever ensuite si nécessaire. La mission de minage était accomplie mais il n'était pas question de rejoindre Autun et laisser les habitants de Sombernon, si dévoués, à la merci d'un retour de l'ennemi venant se venger. Trois compagnies des volontaires du Vaucluse et d'autres étaient venus se joindre aux défenseurs. Des abris et des tranchées sont établis dans les bois ; un plan de résistance est organisé entre les officiers qui consistait en une série d'embuscades qui se reliaient ou se défendaient les unes les autres.

C'était la nuit de Noël très claire, minuit, la température était descendue à -18°, la dernière neige avait couvert les chemins d'un tapis où chaque pas laissait une empreinte. Vers l'abord des embuscades, ils laissent la route et prennent des sentiers à travers bois tout en faisant ça et là des fausses pistes en impasse bien piétinées et quittées à reculons. Attente immobile dans la bise glaciale des soldats excités du désir de voir l'ennemi s'avancer.

Deux fausses alertes et à deux heures du matin un paysan leur apprend que la colonne prussienne a subitement levé le camp, a pris en toute hâte le chemin de Dijon et, de plus, que les allemands avaient évacué Dijon. Des éclaireurs confirment qu'il ne s'agit pas d'un guet-apens :

"Ainsi, le 28 décembre, nous fîmes notre entrée à Dijon où nous fûmes reçus par les acclamations d'une foule enthousiaste et ivre de joie de revoir des soldats français…" Á ce propos, JJGarnier fait état de l'imposture de plusieurs généraux dans leurs publications : Bordonne, Cremer, Garibaldi à propos par exemple de la date falsifiée de leur entrée dans cette ville entre autres mensonges démontrables et déclare … : "On peut hardiment conclure dès à présent que l'histoire de cette guerre est encore à paraître…"

Sans attendre, il s'entend avec le Préfet sur les moyens de réparer les dégâts importants crées à Dijon par l'ennemi et comment, mais aussi où, réaliser les travaux de défense de la ville suivant des plans dont il donne la copie textuelle ( ces travaux reçurent un commencement d'exécution mais certains points furent laissés de coté par manque de temps ou de sanction de la part des chefs.) Il y est très aidé par le Capitaine Arnaud dont il fait largement l'éloge ainsi que, plus loin, celui du capitaine de la compagnie de Tarn-et-Garonne ou encore de la famille du village de " La Chaleur. Une nouvelle mission lui est confiée : celle d'aller immédiatement dans la direction de Sombernon et de créer sur chacune des routes arrivant de Montbard tous les obstacles qu'il jugerait nécessaires, un corps ennemi étant signalé en marche de là vers Dijon. Avec les gens du pays, il dresse des épaulements dans les bois, des barricades en trois jours de temps. C'est alors que le général chef d'état major commandant de la place de Dijon lui demande de se rendre à Is-sur-Tille en suivant la vallée et d'étudier les moyens propres à arrêter les progrès de l'ennemi s'il se présentait de ce coté. Dans la journée du 17 Janvier 1871, ses hommes divisés en deux escouades font trois escarmouches victorieuses en liaison avec d'autres fantassins "mobilisés". L'une d'elle, sous Messigny, permet la capture de cavaliers servant d'éclaireurs qui perdent un capitaine et un lieutenant.

"… Le capitaine Imbert qui était entré dans le village de Savigny et on avait fait le tour me rapporta que le cheval du capitaine des dragons, frappé à mort comme son maître dans la rencontre dont nous avons donné les détails était venu tomber et mourir sur la place même du village de Savigny; l'animal portait encore son harnachement qui attestait, à n'en pas douter, qu'il avait appartenu au malheureux capitaine. Celui-ci était mort dans des circonstances dramatiques : il tomba blessé seulement et se mit sur son séant ; voyant alors un soldat qui allait le frapper de sa baïonnette, ignorant peut-être le français, il lui tendit sa gourde ; ce mouvement d'amitié, compris par tout européen, lui épargna en effet le coup de baïonnette mais un mobilisé qui suivait fût moins tendre et acheva le capitaine d'un coup de fusil. "

Ces cavaliers appartiennent au 3° régiment de dragons pomèraniens de Neumark; on réussit à tirer d'eux de précieux renseignements : en effet, une colonne de 9000 hommes passait, à ce moment là, dans la vallée profonde et facile à défendre qui va de Dienay à Is-sur-Tille. Prévenu aussitôt, le lendemain, Galiéni, général en chef de l'armée des Vosges sort de Dijon avec son armée divisée en deux colonnes, rejoint les volontaires, se fait expliquer sur place, là où avaient eu lieu les combats de la veille, la situation et, fait incroyable, retourne à Dijon avec toutes ses troupes laissant derrière lui une profonde déception. Avec sa troupe et quelques débris de francs tireurs d'autres corps et de " mobilisés ", JJGarnier pousse de nouvelles explorations vers le nord de Dijon :

"Nous eûmes bientôt gagné les bois et continuâmes à marcher en avant ayant soin de nous tenir sur la lisière de ces forêts de façon à pouvoir inspecter la campagne sans être vus; arrivés dans le Bois-Royal qui longe le village de Chaignay, nous vîmes une série de cavaliers en sentinelle qui gardaient avec le plus grand soin leurs compagnons installés dans le bourg. La silhouette immobile de ces cavaliers au long manteau noir se détachait nettement sur ses plateaux que blanchissait la neige… nous aperçûmes à quelque distance un homme du pays; celui-ci, amené près de nous, m'apprit que le défilé des prussiens venait de se terminer et que les derniers traînards semblaient avoir passé… Grâce aux défilés dans lesquelles la route s'engageait souvent il aurait été facile, non seulement de les arrêter, mais de leur faire beaucoup de mal. Cet homme ajouta que les prussiens étaient actuellement à Villecomte et à Is-surTille où il semblaient plus particulièrement se concentrer depuis ces derniers jours. Après avoir pris connaissance de ces renseignements importants, je me concertais avec mes officiers: nous nous arrêtâmes sur le parti de réparer les fatigues de nos hommes et prévenir le quartier général et revenir, s'il n'est pas trop tard avec assez de vivres pour pouvoir attendre une bonne occasion." 

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