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Voyage aller (page2)


Ces voyages étaient alors sans fin; on ne connaissait pas pour en profiter ou les fuir ces courants de la mer aussi réguliers dans leur marche que nos fleuves; la direction et l'intensité des vents dans chaque lieu et à chaque moment de l'année étaient loin d'être déterminées comme elles le sont aujourd'hui, c'est à dire avec une précision presque mathématique; on ne savait point éviter non plus les régions des calmes et on courrait le risque, entre les tropiques, d'être laissé en place, immobile comme un rocher, pendant plusieurs mois. À toutes ces difficultés du voyage, il fallait joindre autrefois le manque de vivres frais… Aujourd'hui on sait conserver les aliments avec tant d'art qu'après de longs voyages ils n'ont presque rien perdu de leur saveur primitive…".


À terre une "excellente nouvelle" attendait les passagers : le Nil ayant débordé au point de recouvrir la voie ferrée d'Alexandrie au Caire, il fut possible de visiter Alexandrie, les ruines de Péluse et ses momies souterraines, les monolithes de Cléopâtre et de Pompée pendant que la cargaison du steamer était transportée à dos de chameau jusqu'à Suez.

"Ainsi, d'Alexandrie au Caire, il fallut suivre un itinéraire particulier pour traverser l'isthme et aller sur le bord du Nil au village de Kafre-Zaya. Là, un petit steamer devait remonter le fleuve jusqu'au Caire, dirigé par des indigènes qui faisaient bruyamment mais activement leur besogne… Dés que le soleil nous eut abandonnés on ralentit sensiblement l'allure du navire.


by courtesy of University of Texas


Ce n'était pas chose facile que de ne pas perdre le chenal, de plus, mille débris de toute sorte, des végétaux, des arbres, des cadavres d'animaux sauvages et domestiques passaient, emportés par ce vaste et impétueux courant… Tant qu'il faisait jour, on pouvait non seulement se diriger avec exactitude mais encore éviter de heurter le steamer contre les mille débris que charriait le fleuve ; nous avions passé dans la journée auprès de troncs d'arbres gigantesques qui, à eux seuls, pesaient peut-être plus que notre navire et sa cargaison et auraient largement suffi à nous couler instantanément... Nos pilotes se pressaient à l'avant, le corps à demi penché hors du navire, … éclairés par la flamme des torches, ces êtres demi-nus, montrant une peau noire nous semblaient fantastiques… nous regardions curieusement s'enfuir au loin et s'effacer peu à peu dans les ténèbres la cause de nos terreurs premières : tantôt c'était un enchevêtrement d'arbres qui formaient un radeau immense, tantôt une sorte d'îlot que la violence des eaux avait réussi à détacher de l'extrémité de quelque lande de terre et qui, portant un fragment de foret encore fixé sur un amas de feuilles, d'humus, de racines, suivait le fil de l'eau en tournoyant…".

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